AD127: Un vent de changement? Attitudes envers les énergies renouvelables à Maurice

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AD127: Attitudes envers les énergies renouvelables | par niveau d’instruction | Maurice | 2014
Dépêches
2016
127
Andreas Kopf et Thomas Isbell

Durant les dernières décennies, le nombre et l'intensité des aléas climatiques tels que les inondations, les ouragans, les cyclones tropicaux, les éboulements, les canicules, et les sécheresses se sont accrus partout dans le monde (Emanuel, 2005; Coumou & Rahmstorf, 2012). Parmi les climatologues, le consensus est large pour dire que ces augmentations sont associées au réchauffement climatique mondial dû en grande partie à l'activité humaine (Hansen, Satoa, et Ruedy, 2012; Intergovernmental Panel on Climate Change, 2014). En raison des conséquences profondes et potentiellement désastreuses des changements climatiques mondiaux, la recherche scientifique et les débats publics sur la question se sont nettement accrus durant les deux dernières décennies.

Les Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) sont parmi les pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques, y compris les marées montantes, l'érosion côtière, l'acidification des océans, les cyclones plus intenses, et une recrudescence des inondations et sécheresses. Pour la République de Maurice, un PEID situé dans l'Océan Indien à l'est de Madagascar, de tels changements menaceraient l'industrie du tourisme (un secteur capital de son économie) ainsi que l'agriculture.

En vue d’atténuer ces risques, le gouvernement du Premier Ministre Anerood Jugnauth a pris des mesures pour endiguer davantage les changements climatiques et ses conséquences. Quoiqu’à peine un important contributeur aux causes des changements climatiques, Maurice était un des premiers pays à ratifier l'Accord de Paris adopté à la Conférence des Parties (COP 21) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques en décembre 2015 et à soumettre ses prévisions de contribution nationalement déterminées en vue de la réduction des émissions de gaz à effet de serre du pays. Lesdites prévisions prévoient que Maurice réduira ses émissions de 30% d’ici 2030 (République de Maurice, 2015). Afin d’atteindre cet objectif, le gouvernement s'est engagé à décarbonater son secteur énergétique – une grande partie de celui-ci dépend encore des combustibles fossiles – par de gros investissements dans les sources d'énergies renouvelables solaire, éolienne, et marémotrice.

Même si l'engagement de Maurice est lié à l’accès au financement de la lutte contre les changements climatiques par les donateurs internationaux (par exemple le Fonds des Technologies Propres de la Banque Mondiale, le Fonds pour l'Environnement Mondial, et le Fonds des Energies Renouvelables pour l’Afrique administré par la Banque Africaine de Développement), une évolution vers des technologies énergétiques plus propres conduirait aussi probablement à un accroissement des factures d'électricité pour les consommateurs industriels et particuliers sur l'île. Le succès des plans ambitieux du gouvernement pour les énergies renouvelables dépend donc du soutien des électeurs.

Quelles sont les attitudes des citoyens envers la décarbonatation de la production énergétique? L'enquête 2014 d'Afrobaromètre a demandé aux Mauriciens s'ils pensaient que le gouvernement devrait investir dans la production et l'utilisation des énergies vertes même si cela devait augmenter le montant de leurs redevances d'électricité. Les observations révèlent un soutien répandu du public pour les énergies vertes, surtout parmi les citoyens instruits, avec des réserves au sein de quelques sous-groupes qui pourraient inspirer les approches alors que Maurice et d'autres pays africains se tournent vers les énergies renouvelables.