PP40: Beyond the Arab Spring: Will economic and security challenges further test Tunisia’s democracy?

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Infographic: Democratie Tunisie
Documents de politiques
2017
40
Rorisang Lekalake

A l'opposé de l'Afrique Sub-saharienne, où nombre de pays ont connu une libéralisation politique à la fin des années 1980 et au début des années 1990 (Bratton, 1997), les régimes autoritaires d'Afrique du Nord ont, pour la majeure partie, pu résister aux exigences populaires de transformation en introduisant des réformes limitées et conçues au sommet. En Tunisie, les libertés politiques se sont quelque peu améliorées après l'accession au pouvoir en 1988 de Zine El Abidine Ben Ali qui a ensuite été élu président l'année suivante à l'occasion des premières élections organisées dans le pays depuis 1972 (Abushouk, 2016). Cependant, cette courte période de relâchement des restrictions a donné suite à des décennies de répression autoritariste: « Même dans une région réputée connue pour le dédain de ses chefs envers une gouvernance honnête et les libertés civiles, la Tunisie [sous Ben Ali] s'est longtemps démarquée par la rigueur de son système de contrôle et de répression » (Freedom House, 2012, p. 4).

L'optimisme quant aux perspectives de démocratisation dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) est née en 2011 suite à une série de protestations antigouvernementales massives connues sous le nom de Printemps Arabe. Les événements ont conduit au renversement de quatre régimes autoritaires en succession rapide cette année-là, y compris celui de Ben Ali, mais il fut très tôt évident que la plupart des régimes résisteraient finalement à ces exigences de réformes (Freedom House, 2012). Les mouvements de protestation ont eu diverses conséquences, d'une transition démocratique entière en Tunisie à des conflits civils persistants en Libye et en Syrie.

Quoique largement considéré comme la seule réussite incontestable de ces soulèvements, le progrès de la Tunisie s'ajoute aux périodes de crises et d'insécurité politiques graves. Ces dernières années, le pays a connu un certain nombre d'attaques à grande échelle contre les forces de sécurité et les civils et est devenu une principale source de recrutement pour les organismes extrémistes tels que l'Etat Islamique (EI) (Soufan Group, 2015; Dodwell, Milton, & Rassler, 2016). Un nombre de plus en plus important d'ex-combattants dans des conflits étrangers reviennent dans un pays où le gouvernement ne prévoit aucun programme en vue de leur dé-radicalisation et leur réinsertion dans la société tunisienne (Gall, 2017). Le contexte sécuritaire actuel suscite des craintes quant à porter un coup aux perspectives nationales en termes de démocratisation accrue.

Ce document de politique étudie les données d'Afrobaromètre sur les attitudes publiques pour évaluer l'importance de la réceptivité des citoyens aux changements politiques depuis 2011. Les Tunisiens perçoivent-ils une amélioration dans le pays et la région d'Afrique du Nord depuis les événements du Printemps Arabe? Sont ils favorables à la démocratie et à la façon dont elle est mise en œuvre? Quel rôle pensent-ils que la religion devrait jouer dans la pratique démocratique du pays? Pensent-ils que le gouvernement devrait donner priorité à une démocratisation accrue plutôt qu'aux préoccupations relatives à la sécurité nationale?

Les observations révèlent que les Tunisiens ne s'accordent pas sur ces questions: Une petite majorité seulement affirment que le Printemps Arabe a eu un impact positif sur le pays. Cette ambivalence peut s'expliquer par le mécontentement des avancées dans certains secteurs de politique, dont la corruption et des retombées socio-économiques et sécuritaires. La demande publique de démocratie et la satisfaction avec sa mise en œuvre se sont accrues. Cependant, le contexte sécuritaire du pays pourrait mettre à mal la consolidation du soutien des citoyens à la démocratie.