AD91: Intégration régionale en Afrique: Un soutien public plus ferme pourrait-il transformer les discours en actes?

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Intégration régionale en Afrique: Un soutien public plus ferme pourrait-il transformer les discours en actes?
Dépêches
2016
91
Markus Olapade, Edem E. Selormey, et Horace Gninafon

L'intégration régionale a été pour l'Afrique une stratégie de développement des décennies durant. Le traité de fondation de la Communauté Economique Africaine en 1991 a fourni un cadre visant une intégration politique et économique totale avant 2019. Beaucoup de pays africains se sont engagés pour stimuler la coopération politique et économique. La promotion du développement social et culturel, de l'intégration économique et du commerce, et de la libre circulation des personnes et des biens sont les principes fondamentaux des organisations continentales et régionales, y compris l'Union Africaine (UA), la Banque Africaine de Développement (BAD), et les communautés économiques régionales (CERs), avec pour objectif final de créer un marché continental unique.

En dépit de cet enjeu capital, les progrès observés sur le continent en matière d'intégration régionale ne sont pas impressionnants. Des textes décousus, des tarifs commerciaux élevés, des régimes douaniers compliqués, et des infrastructures de transport et d'énergie disjointes continuent d'empêcher le continent de transformer les discours en actes à travers l'avènement d'un puissant marché panafricain (Ibrahim, 2016).

Comme un rappel, l’Agenda 2063 de l’UA (Commission de l'Union Africaine, 2015) et la politique et la stratégie d'intégration régionale 2014-2023 du BAD (Groupe de la Banque Africaine de Développement, 2015) présentent un plan d'intégration, avec pour premier centre d'intérêt l'intégration commerciale et de marché, la libre circulation des personnes, et le développement des infrastructures. Un nouvel Index de l'Intégration Régionale en Afrique, lancé en 2016 par la Commission de l'UA, la BAD, et la Commission Economique des Nations Unies pour l'Afrique, a été pensé pour stimuler les avancées et suivre leur progression grâce à des données indépendantes et de haute qualité (Commission de l'Union Africaine, 2016).

Si les avancées dépendent en partie du soutien public à l'intégration, les résultats des enquêtes sur les attitudes publiques pourraient apporter une contribution utile sur cette question. Dans son dernier round d'enquêtes, Afrobaromètre a posé quatre questions relatives à cette problématique aux citoyens de 36 pays: s'ils préfèrent que la circulation des personnes et des biens aux frontières soit libre ou soumise à restriction, quel est actuellement le degré de facilité ou de difficulté des mouvements transfrontaliers, si les gouvernements devraient assumer un rôle régional de protection de la démocratie et des droits de l'homme ou plutôt respecter la souveraineté de leurs voisins, et quelle est selon eux l'utilité de l'UA et des CERs pour leurs pays.

Les résultats révèlent un soutien limité à l'intégration, avec de grandes variations d'un pays à l'autre et d'une région à l'autre. En moyenne à travers 36 pays, la majorité des Africains sont en faveur de la libre circulation des personnes et des biens aux frontières, mais la majorité n'est pas de cet avis dans 15 de ces pays. Seulement un citoyen sur quatre affirment qu'il est facile de franchir les frontières internationales.

Quant à choisir entre le respect de la souveraineté nationale et un rôle régional des états pour la protection de la transparence des élections et des droits de l'homme dans les pays voisins, la plupart des Africains insistent sur la souveraineté nationale. Et tandis que la majorité des Africains considèrent que l'Union Africaine et les communautés économiques régionales sont tout au moins « un peu » utiles à leurs pays, ce n'est pas le cas dans tous les pays, et environ trois citoyens sur 10 n’en savent pas assez au sujet de ces organisations pour s’en faire une opinion.

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