AD51: Elections en Côte d’Ivoire: Méfiance de la CEI, peur de violence

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Dépêches
2015
51
Peter Halley Penar et Ségorbah Silwe

Le 25 octobre 2015, la Côte d'Ivoire connaitra sa première élection présidentielle depuis les résultats contestés de 2010-2011 et la guerre civile qui s’en est suivie. L'élection met en compétition le Président Alassane Ouattara face à Pascal Affi N'Guessan et d'autres challengers. Au cours des dernières semaines, plusieurs candidats ont exprimé leurs préoccupations concernant les institutions électorales ainsi que l'environnement électoral, et l'ancien président de l'Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly, a retiré sa candidature, en exprimant des doutes quant au caractère équitable de l'élection.

Les résultats récents de l'enquête Afrobaromètre Round 6, menée en août et septembre 2014, suggèrent que de nombreux Ivoiriens partagent ces préoccupations et sont profondément divisés dans leurs perceptions et attentes concernant la prochaine élection.

Bien qu'il y ait un consensus fort sur le fait que les dirigeants devraient être choisis à travers des élections régulières et qu'il est du devoir des bons citoyens de voter, les Ivoiriens sont divisés dans leurs vues sur la direction du pays et l'état de l'économie nationale. La plupart d’entre eux pensent que les élections ne fonctionnent pas bien pour permettre d’éliminer les dirigeants peu performants et n’incitent pas les politiciens à servir les populations plutôt que de leurs propres ambitions.

Les résultats du sondage montrent une forte méfiance de la Commission Electorale Indépendante (CEI), et seule une minorité de citoyens estiment que les dernières élections législatives en 2011 ont été pour la plupart libres et équitables. La CEI, qui fut au centre de la crise de 2010-2011, a réduit le nombre de ses commissaires, mais de plus grandes réformes exigées par certains partis politiques et la société civile n'ont pas été entreprises.

Des proportions importantes d’Ivoiriens sont préoccupées par l'environnement électoral, y compris la corruption des électeurs, la couverture médiatique biaisée, la probabilité de dépouillement déloyal des votes, et les menaces envers les électeurs dans les bureaux de vote. Parmi les 13 pays de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) où les enquêtes d’Afrobaromètre Round 6 se sont déroulées, la Côte d'Ivoire occupe le deuxième rang derrière le Nigeria par rapport à la proportion de citoyens qui craignent la violence liée aux élections.

Le Président Ouattara jouit de cotes d’adhésion assez élevées, et la confiance du public dans le président est plus élevée comparée à celles dont bénéficient la coalition au pouvoir ou l'opposition. Une faible majorité des Ivoiriens disent qu'ils se sentent « entièrement libre » de voter comme ils le souhaitent.

Alors que la Côte d'Ivoire, qui a signé la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance en 2009, approche d'une élection présidentielle charnière, ces résultats de l'enquête fournissent une fenêtre sur la façon dont les citoyens pensent que leur gouvernement respecte son engagement à mener des élections sécurisées, de haute qualité, et compétitives.

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