BP159: Bonne gouvernance et démocratie en Afrique de l’Est: Que pensent les citoyens?

Introduction

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Notes informatives
2015
159
Christophe Sebudandi

Au cours des dernières années, quatre pays de l’Afrique de l’Est – le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, et le Burundi – ont connu une évolution politique et démocratique différente. Deux d’entre eux, le Burundi et l’Ouganda, ont connu des guerres civiles qui ont provoqué des dégâts multiformes, alors que les deux autres ont bénéficié d’une relative stabilité.

Hormis une guerre de basse intensité qui a continué au Nord, l’Ouganda a globalement retrouvé la paix depuis 1986, et à partir de 1996 ce pays fait l’expérience d’une compétition politique multipartite, même si les élections sont marquées par certaines défaillances.

La Tanzanie est le pays le plus stable, dirigée par le même parti depuis son accession à l’indépendance. Elle a adopté le multipartisme en 1992, et de façon globale ses élections ont été jugées libres et concurrentielles par différents observateurs. Le Kenya était considéré comme un modèle de stabilité et de progrès dans la région, avec une expérience démocratique depuis 1992. La violence qui y a déferlé suite aux élections de 2007 a égratigné cette réputation, mais la mobilisation massive lors du référendum pour l’adoption de la nouvelle constitution en 2010 a de nouveau montré l’attachement de ses citoyens à la démocratie.

Le Burundi a une expérience démocratique plus courte avec l’assassinat du président nouvellement élu en 1993, qui a précipité le pays dans une guerre civile. Des élections démocratiques en 2005 ont permis la mise en place d’un gouvernement élu, mais les élections de 2010 ont été marquées par un boycott des partis de l’opposition et des tensions et la persécution et même l’exécution de sympathisants et militants des partis de l’opposition.

De nombreux analystes ont dégagé quelques caractéristiques communes des expériences démocratiques en Afrique de l’Est. Ainsi, lors du passage au multipartisme, certains anciens partis au pouvoir ont gardé la réticence d’ouvrir entièrement l’espace politique à d’autres partis. Egalement, on observe une nostalgie du parti unique qui se caractérise souvent par l’omnipotence des partis au pouvoir qui ont tendance à éclipser les gouvernements. La volonté de se maintenir au pouvoir pousse ces différents partis dirigeants à garder des rapports ambigus avec les armées de leur pays.

L’intérêt de ce papier, basé sur les enquêtes nationales d’Afrobaromètre, est de voir si les expériences démocratiques que vivent ces quatre pays de l’Afrique de l’Est ont conduit à faire émerger des aspirations et des exigences communes ou divergentes en termes de démocratie et de redevabilité.